Malfaçons, surcoût… Pour cette famille de l'Essonne, le rêve de pavillon a tourné au cauchemar

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La famille Kodad a investi les économies d’une vie pour construire la maison de leur rêve à La Ville-du-Bois. Des travaux supplémentaires pour corriger les malfaçons se chiffreraient à 60 000 euros. Ils intentent une action en justice.

« Quand il est venu chez nous, l'expert judiciaire a dit qu'il n'avait jamais vu ça. » Ce mercredi, depuis le canapé de son pavillon de La Ville-Du-Bois, Fatiha Kodad, 52 ans, retrace six ans éreintants. 2014 lui paraît loin : à l'époque, sa famille se projetait dans leur future maison. Mais depuis, leur rêve a pris du plomb dans l'aile.

Au premier coup d'œil, le carrelage brillant, la cuisine aménagée et l'escalier soigné du pavillon semblent pourtant corrects. Loin des HLM de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), où la famille a grandi, et économisé « toute une vie » pour le quitter.

« Les gens nous disent : elle est belle, votre maison, mais c'est nous qui avons tout fait », souligne Fatiha. A la remise des clés en juillet 2014, la construction du pavillon se révèle au mieux incomplète, au pire dangereuse. « L'entrepreneur nous a donné une liste de travaux supplémentaires à facturer, se souvient Fatiha. Il y en avait pour 50 000 euros. J'en tremblais. »

CRÉPI IRRECEVABLE, TROUS DANS LES MURS, ÉLECTRICITÉ NON CONFORME…

À y regarder de plus près, le pavillon comporte encore des stigmates de la bonne dizaine de malfaçons constatées par deux experts, indépendant et judiciaire. Une « catastrophe », conclut le premier dans son rapport, due à l'emploi « d'un personnel très peu qualifié et mal encadré », estime le deuxième. « Absence de VMC, crépi totalement irrecevable, charpente et alimentation électrique non conformes, trous dans le mur d'une chambre… », énumèrent-ils. Au total, près de 60 000 euros de malfaçons sont observés.

« J'ai failli appeler Julien Courbet », confie Fatiha. Elle se tourne finalement vers Me Yacine Djellal, qui plaide ce vendredi au tribunal judiciaire d'Evry pour que la MAAF, l'assurance de l'entrepreneur chargé des travaux, rembourse les époux Kodad.

L'ASSURANCE REFUSE DE DÉDOMMAGER LA FAMILLE

Auparavant, la famille s'était retournée contre l'entrepreneur, Thierry B. Le juge des référés a même condamné en 2017 sa société, OR 75, à les rembourser de 50 000 euros. Mais l'entreprise, liquidée, n'est pas solvable. Thierry B., qui n'est défendu par aucun avocat, ne s'est jamais présenté au tribunal de commerce. Il n'a pu être joint pour cet article.

La famille se tourne désormais vers son assurance. « La MAAF dit : On n'a jamais signé de contrat de construction de maison individuelle avec ce monsieur, donc on n'assure pas, expose Maître Djellal. Mais ils ont bien signé un contrat de responsabilité civile professionnelle, qui comprend les dégâts vis-à-vis des clients. » Contactée, l'avocate de la MAAF n'a pas répondu à nos sollicitations.

UN EMPIÉTEMENT DE DIX CENTIMÈTRES SUR LE TERRAIN DU VOISIN

Six ans plus tard, les galères continuent de hanter la famille Kodad. La toiture est complètement à refaire, « pour 12 000 euros ». Les canalisations de gaz restent mal protégées par un béton trop fragile. « Une épée de Damoclès », s'alarme Me Djellal. Mais surtout, le pavillon et son sous-sol empiètent d'une dizaine de centimètres sur le terrain du voisin… qui a attaqué les Kodad en justice. La famille a gagné le procès en première instance, mais le voisin a fait appel. Il leur réclame un chèque de 20 000 euros…

À cela s'ajoutent de légères fissures qui lézardent la façade extérieure du pavillon. Les fenêtres et les portes semblent avoir été posées directement dans les murs, sans jointures. « Une fois, dans le salon, on a senti de l'eau couler le long du mur, ça fuyait de partout », raconte Fatiha.

Au-delà des dégâts matériels, ce sont les espoirs et la santé de la famille qui se sont fissurés. « J'ai déclenché une maladie auto-immune liée au stress, s'émeut Fatiha. J'ai peur pour le gaz. On se lève le matin, on se dit que ça peut exploser. » L'avenir de la famille se voit bouleversé. « On a investi 100 000 euros hors crédit pour cette maison, ça représente une vie d'artisan (NDLR : le métier de son mari), rappelle Fatiha. On voulait la léguer à nos enfants. Mais aujourd'hui, elle est invendable. »


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